Voici le contenu de l'article paru dans l'Est Républicain le lundi 13 Février, une super synthèse réalisée par Pierre-Henri Wexler.

Arrivé au taquet de ses possibilités en motocross, le champion de France MX1 2014 n'a pas hésité à troquer la bécane pour un VTT. Au guidon duquel te Nancéien épate déjà la galerie.

Le rendez-vous a été pris à l'Algarve, la brasserie familiale située au bout du Cours Léopold. Levy Batista n'y vient plus beaucoup. Pas le temps. Sa thèse à la Fac de sciences, dans des domaines liés aux mathématiques appliqués (pour faire simple), et son récent béguin pour l'enduro VTT accaparent totalement le Nancéien de 26 ans. Macbook et calepin en main, pour illustrer son propos avec des graphiques dont il raffole, Levy commence à raconter avec minutie le processus qui l'a amené à arrêter sa carrière de moto-cross. Pour en embrasser une autre, sans moteur cette fois! « J'étais arrivé au sommet de la montagne », confie-t-il, croquis à l'appui, « pour continuer à progresser, il aurait fallu que je roule plus. Ce n'était pas possible ». C'est en 2015 que l'idée de troquer la moto pour un VTT germe dans son cerveau en ébullition. L'année précédente, le pilote a atteint son Graal : un premier titre de champion de France en catégorie MX1 (450 cc). La boucle est bouclée. Levy adore les défis. Il en cherche un nouveau. « Olivier Jacques (Ligue Lorraine de Moto) a essayé de m'attirer vers l'enduro. Mais je n'ai pas le gabarit », précise le pilote domicilié à Custines qui investit dans un vélo, commence à pratiquer et se rend à l'évidence : « L'enduro VTT était la discipline parfaite ». Quitter un sport avec du public et des médias, pour en rejoindre un autre très confidentiel n'est pas évident. Qu'importe, sa conviction est forgée. Il est temps d'informer son entourage. Un moment difficile : « C'est la décision la plus importante de ma vie. Beaucoup de gens me suivaient. L'annoncer à mes parents a été dur. Ils m'accompagnaient de-puis le début. Mon père était mon mécano sur toutes les courses ». Fin d'une très longue aventure commencée à l'âge de trois ans.

« Au début, je tombais beaucoup » Levy n'a pas choisi de grimper sur un VTT par hasard.
Le format de l'enduro (voir plus bas) lui va comme un gant. « Je me régale », lâche-t-il. Les séances d'entraînement sont également plus faciles à caler dans son planning. Autre atout, il a des prédispositions. Le BMX, qu'il a pratiqué en loisir, facilite son apprentissage. Enfin, il a la caisse, ce qui lui permet de compenser de légitimes lacunes techniques. « La grande différence, ce sont les relances. En moto, c'est à la poignée de gaz. En VTT, c'est à la pédale. Au début, je tombais beaucoup », sourit-il. Chaperonné par d'anciens pilotes passés avant lui au VTT, comme le Déodatien Julien Rabasquinho ou l'Alsacien Mathieu Ambeis qui l'a accueilli dans son team, Levy a rapidement gravi les échelons. Avec de très bons résultats pour un néophyte : 12e du championnat Grand Est et 22e de la Coupe de France. Sans oublier son coup d'éclat à la Mégavalanche en juillet dernier (voir plus). Il compte bien poursuivre son ascension en 2017, année qui le verra « prendre part à deux manches de Coupe du monde à Millau et en Italie », précise-t-il, tout excité.

La moto ? « J'en ai gardé une mais je ne monte quasiment plus dessus », constate Levy, centré sur sa nouvelle pas-sion. Avec une obsession, celle qui l'a toujours guidé : « progresser ! C'est ce qui m'intéresse. En enduro VTT, je peux m'améliorer et espérer faire une belle et longue carrière. Je suis dans mon élément ». l'ingénieur range son barda. Il est l'heure d'aller rouler. Â la seule force de la pédale. Son nouveau dada.

P.-H.W.

La Lorraine, terre de champions
Apparu dans les années 2000, l'enduro VTT mêle des éléments de la descente et du cross country (discipline de Julien Absalon). La discipline s'inspire de l'enduro moto avec spéciales chronométrées entrecoupées de liaisons. On associe à l'enduro les descentes marathon comme ta Mégavalanche. L'Est de ta France est une réserve à champions. L'Alsacien Jérome Clementz ainsi que les Vosgiens Rémy Absalon et Rémy Thirion font partie des tout meilleurs spécialistes de la planète. Tout comme le sudiste Théo Galy qui s'est récemment installé à Moivrons (54). « Je suis tombé par hasard sur lui lors d'un entraînement. On est quasiment voisin. Il m'a beaucoup conseillé. C'est le rêve de pouvoir rouler avec un gars du top cinq mondial », confie Levy Batista.

Dans le Top 20 Ă  la MĂ©gavalanche
Six mois seulement après ses grands débuts sur un vélo, le champion moto a frappé un grand coup lors de la Mégavalanche disputée à l'Alpe d'Huez. Qualifié en deuxième ligne parmi les 350 finalistes (1200. participants), Levy Batista est parvenu à se hisser au 19e rang de la plus célèbre épreuve française de VTT. Sur la piste rouge enneigée servant de rampe de lancement, le Nancéien a « lâché les freins » et pris « un énorme départ » qui lui a permis de s'élancer dans le top vingt. Position qu'il a conservée jusqu'à la ligne d'arrivée au terme des 45 minutes de course. « Je n'y croyais pas. J'étais super heureux. Les mecs du vélo sont venus me féliciter », se souvient le reconverti.

Levy Batista est parvenu à se hisser au 19e rang de la plus célèbre épreuve française de VTT.


L'article scanné

27
February 2017