Un aboutissement incroyable ūüŹÜ

Je n'est pas les mots! Les émotions à leur paroxysme.

Disons le maintenant : j'ai fais mon premier podium de coupe du monde. 

Et pourtant j'√©tais au fond du gouffre le mercredi soir. Jour de la petite s√©ance de "d√©blocage" o√Ļ je fais quelques intensit√©s pour pr√©parer le corps √† l'√©v√®nement √† venir. ¬†En faisant cette s√©ance, j'ai pris un raccourci un peu scabreux pour rallier un sommet, je suis tomb√© √† deux √† l'heure dans un d√©vers. En mettant le pied pour me rattraper la t√™te f√©morale a tent√© de se faire la mal. Autant dire que je me suis fait une luxation de la hanche, qui heureusement, retenue par les muscle, est revenue en place toute seule. Par terre, je suis un peu sous le choc et la douleur √©tait bien pr√©sente. J'arrive globalement √† marcher mais les plus grandes amplitude me fond mal.

Rapidement, le team prend rendez-vous avec une ostéopathe d'un team voisin et le soir on check. Le corps s'est mis en sécurité, tous les muscles autour de la hanche sont en tension pour me protéger, j'ai un ligament très douloureux et probablement une déchirure du Psoas. Après la séance, impossible de prédire si je serai capable de rouler le lendemain sur les reconnaissances. À ce moment je marche difficilement et je rentre dormir avec la tête remplie de doute.

Le lendemain, la bonne nouvelle c'est que j'ai gagné en amplitude et donc ça va dans le bon sens. on applique de la glace et je passe sous anti-inflammatoire : ibuprofène.

Sur le v√©lo, je m'en sors pas si mal, en appuie sur les jambes je n'ai pas mal, c'est plut√īt au p√©dalage que la douleur est pr√©sente mais par chance avec mes p√©dales en 150mm je limite l'amplitude. Et j'arrive bien √† appuyer sur les p√©dales, mais moins √† tirer. √Ä ce moment, je commence √† me dire que √ßa peut le faire.

Le vendredi, jour de repos pour moi, j'ai refais une séance d'osthéo, glace, anti-inflammatoire et repos. je n'ai pas du tout sollicité la jambe de la journée.

Samedi matin, le jour J, les amplitudes sont bonnes, la douleur est faible, je suis content!

Après les reconnaissances timides deux jours avant, je n'ai pas l'impression d'avoir la vitesse nécessaire, ni l'engagement mais je vais faire de mon mieux.

La journée commence par une powerstage, technique et glissante. Je suis calme, je ne fais pas d'erreur et je commence avec une 3ème position. Génial, je retrouve un bon résultat en power stage, ça commençait à me manquer.

Mais mes vraies lacunes c'est en descente. Et les deux spéciales suivantes sont des monstres:

  • la premi√®re parce qu'elle est principalement compos√©e de tapis de racines mouill√©es;
  • l'autre parce qu'elle est longue, physique et d√©mont√©e.

Et pourtant, je fais deux superbe résultats, 4ème et 6ème, mes meilleurs résultats en descente jusque là en fait.

Et j'ai gardé ce rythme, toute la journée, les spéciales sont différentes, mais j'arrive à mettre le même rythme à chaque fois.

9, 6, 16 (petit soucis mécanique) , 2 (pwr), 3.

Finalement à une spéciale de la fin, j'étais deuxième avec 7 secondes d'avance sur la 3ème place. J'ai alors limité les risques, pour ne pas tout foirer, je préférais assurer, même si je savais que Kevin Miquel aller tout donner pour me battre. Je pense pouvoir réussir à faire un bon run en assurant, et au pire je préserverai mon podium.

C'est ce que j'ai fait et √ßa a suffit pour faire 2√®me!! ūüė≥

J'aurais était content avec un top 10, alors à l'arrivé l'émotion est trop forte, les images de l'hiver difficile sont venues faire monter mes larmes.

Je ne suis pas un mec qui fait des coups d'éclat, ma force c'est ma constance. Alors aujourd'hui je suis fier de faire ce premier coup d'éclat. Il est validé, mon premier podium en coupe du monde entre Martin Maes 1er et Kevin Miquel 3ème sur ce lieu mythique du VTT qu'est Léogang.

Je suis fier de mes choix, de mon investissement et j'ai l'impression que cet alignement de planète me permet de me faire encore plus confiance. Mes croyances deviennent des convictions.

 


crédit : Lucas Chiotti, Dave Trumpore